Noël oblige, pourrait-on dire… retour à Strasbourg pour ce dernier repas de l’année. Son organisation a été évidemment quelque peu troublée par le mouvement social affectant notamment les transports. Quelques parisiens, inquiets de ce genre d’aléas, ont préféré renoncer in extremis. «  Et ça se dit anarchiste… » a ironisé l’un des convives.  Mais d’autres avaient choisi de se lever tôt et, comme c’est toujours le cas en période de grève, de voyager dans des wagons à moitié vides (et sans contrôle) pour débarquer assez tôt dans l’étonnante gare de Strasbourg dont une étrange bulle a fait une sorte d’univers à la Truman show matière à plaisanterie pour le café à l’arrivée. Cela a tout de même l’avantage d’être plus réversible qu’une fonction de hashage.

Il fallut évidemment, « pour notre sécurité » pénétrer dans le centre ville entouré d’un important dispositif de sécurité. Comme toujours, les barrières posées en grande pompe étaient redressées et les guitounes montrées à la télévision étaient vides. Président d’un cercle de mauvaises têtes notoires, Adli Takkal Bataille opina que cette vacuité était à terme inéluctable car c’était « comme les monnaies pleines des banques centrales, c’est une affaire de temps ».

Après le café, d’émouvantes retrouvailles franco-suisses furent arrosées au Gewurtztraminer avant même d’arriver sur le lieu du Repas.

Si l’on ajoute que la grippe avait frappé, en Alsace comme en Belgique il y parvint tout de même le nombre respectable de 22 convives vaillants pour attaquer la choucroute de l’excellent Tire-Bouchon dans la petite ruelle des Tailleurs de Pierre (des sortes de mineurs sans doute) à quelques pas de la cathédrale.

Le Tire-Bouchon se révéla fort accueillant. Avec le succès jamais démenti du Repas, la proportion de « nouveaux » convives tend à baisser. Le 51ème repas, grâce aux efforts de Jean-Luc, Théo et quelques autres a nettement inversé la tendance, multipliant les occasions de rencontres nouvelles.

On a remercié Jean-Luc qui offrait les vins servis à table, indispensable support des conversations qui ont tourné  autour de thèmes très nombreux :

  • les mérites respectifs des diverses « générations » de blockchains
  • la « souveraineté numérique » à la française et ses limites, dans le contexte du Cloud Act
  • les annonces (ou les initiatives) de la Banque de France et de la BCE en matière de monnaie numérique
  • les expérimentations de certaines collectivités territoriales
  • le grand nombre d’événements à venir, depuis les meet-up locaux de plus en plus nombreux, jusqu’aux grands salons et forums
  • les difficultés concrètes de bien des start-up cryptos, et toujours la bancarisation dont les pouvoirs publics ont estimé un peu vite qu’ils lui avaient fait faire un pas de géant.

Si les voyageurs ont dû s’éclipser un peu plus tôt que dans les traditions, les « locaux » ont apprécié ce moment qui s’est prolongé ensuite autour d’un vin chaud devant la cathédrale, les plus courageux ayant continué la journée dans le crypto-bar local.

Vive l’Alsace crypto-anarchiste !

 

 

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Jacques Favier
Jacques Favier est co-fondateur et Secrétaire du Cercle du Coin. Il anime les repas du Coin. Il est aussi l'un des co-fondateurs de Catenae, cabinet de conseil en intelligence stratégique des protocoles. Normalien et agrégé d'Histoire, après un court passage par la Banque, il a eu une longue expérience dans l'investissement. Intéressé par l'histoire de la monnaie, collectionneur d'instruments monétaires, financiers ou para-monétaires les plus divers, il aborde la révolution du bitcoin à la fois en investisseur et en historien. Il ne déteste pas les détours par la BD. Sur son propre blog La voie du Bitcoin il veut faire partager sa conviction que l'histoire permet d'enrichir notre questionnement sur les mutations présentes, avec leurs risques et leurs opportunités.